Oui, le Lexomil (bromazépam) a des effets secondaires, et la plupart sont liés à son action sédative : somnolence, fatigue, vertiges, difficultés de concentration. Les effets graves restent rares, mais le vrai danger de cette benzodiazépine tient à la dépendance qui s’installe avec une prise prolongée. Voici les effets à connaître, classés du plus courant au plus préoccupant, et les situations où il faut consulter sans attendre.
Effets secondaires du Lexomil : les plus fréquents
Le Lexomil 6 mg, un comprimé quadrisécable, est un anxiolytique de la famille des benzodiazépines. Il agit en freinant l’activité du système nerveux, ce qui apaise l’anxiété mais ralentit aussi les réflexes, l’attention et la vigilance. Les effets indésirables courants découlent directement de ce mécanisme et se manifestent surtout en début de traitement ou après une augmentation de dose.
| Fréquence | Effets observés | Que faire ? |
|---|---|---|
| Courants | Somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, troubles de la coordination, baisse de l’attention | En parler au médecin s’ils persistent ; éviter la conduite et les machines |
| Moins fréquents | Troubles de la mémoire (amnésie antérograde), confusion, faiblesse musculaire, émoussement des émotions | Signaler à la prochaine consultation, plus tôt chez la personne âgée |
| Rares mais sérieux | Effets paradoxaux, difficultés respiratoires, réaction allergique | Arrêter de prendre le comprimé et contacter un médecin ou le 15 |
La somnolence est de loin la plainte la plus répandue, et elle peut persister le lendemain matin si la prise a lieu tard. Elle explique pourquoi la conduite automobile demande une grande prudence : la boîte porte d’ailleurs un pictogramme de mise en garde. En cas de gêne marquée, mieux vaut s’abstenir de conduire plutôt que d’attendre que cela passe.
L’amnésie antérograde mérite une mention à part. La personne a du mal à retenir ce qui s’est passé après la prise, parfois pendant plusieurs heures, sans que cela soit toujours remarqué. Les proches s’en aperçoivent souvent avant elle.
Effets graves et signaux d’alerte à ne pas ignorer
Chez certaines personnes, le médicament produit l’inverse de l’effet recherché. Ces effets paradoxaux se traduisent par de l’agitation, de l’irritabilité, de l’agressivité, des cauchemars, voire des hallucinations. Ils surviennent plus souvent chez l’enfant et la personne âgée, et ils imposent d’en parler au médecin sans tarder, car la dose n’est alors plus adaptée ou le médicament ne convient pas.
Le deuxième signal d’alerte concerne la respiration. Les benzodiazépines peuvent la ralentir, surtout en cas de maladie pulmonaire, de dose trop élevée ou d’association avec d’autres sédatifs. Une respiration très lente, des lèvres bleutées ou une somnolence dont on ne parvient pas à sortir la personne justifient un appel immédiat au 15 ou au 112.
Les réactions allergiques sont rares, mais elles doivent être prises au sérieux : éruption cutanée étendue, démangeaisons intenses, gonflement du visage ou des lèvres, gêne pour avaler ou respirer. Dans ce cas, on ne prend plus aucun comprimé et on consulte en urgence.
Pourquoi l’ANSM insiste sur la durée de traitement
L’agence du médicament rappelle régulièrement, et l’a encore fait en 2025, que les benzodiazépines sont conçues pour des traitements courts. Dans l’anxiété, la durée maximale recommandée est de 12 semaines, sevrage progressif compris. Au-delà, le bénéfice s’estompe alors que les risques de dépendance, de chutes et de troubles cognitifs augmentent.
Dépendance, tolérance et arrêt du traitement

La dépendance est le risque le plus redouté avec le Lexomil. Elle peut apparaître même à dose habituelle, parfois en quelques semaines. S’y ajoute la tolérance : avec le temps, le corps s’habitue, l’effet calmant diminue et la tentation d’augmenter les doses grandit, ce qui aggrave le problème.
L’arrêt brutal est la pire façon d’en sortir. Il expose à un syndrome de sevrage : anxiété qui revient plus forte, insomnie, tremblements, sueurs, palpitations, irritabilité, et dans les cas les plus sévères des convulsions. Ne jamais arrêter ni réduire le traitement seul : le médecin organise un arrêt progressif, avec des paliers adaptés au rythme de chacun, parfois sur plusieurs semaines ou plusieurs mois si la prise dure depuis longtemps.
Quelques signes doivent faire penser à une dépendance : avoir besoin de la prise pour se sentir normal, augmenter la dose sans avis médical, ressentir un malaise intense quand un comprimé est oublié. Mieux vaut en parler franchement, sans culpabilité, car des solutions existent, de la thérapie à l’accompagnement du sevrage.
Contre-indications et interactions dangereuses (alcool, opioïdes)
La notice liste plusieurs contre-indications : insuffisance respiratoire sévère, syndrome d’apnées du sommeil sévère, myasthénie (maladie qui affaiblit les muscles), insuffisance hépatique sévère et allergie connue aux benzodiazépines. Si l’un de ces cas vous concerne, le médecin doit le savoir avant toute prescription, d’où l’importance de l’ordonnance et de l’interrogatoire qui l’accompagne.
Le mélange avec l’alcool est à proscrire. Les deux produits amplifient mutuellement leur effet sédatif : somnolence profonde, troubles de l’équilibre, trous de mémoire, jusqu’au risque de coma. Un verre « pour se détendre » n’est donc jamais anodin les soirs de prise.
L’association avec les opioïdes (morphine, codéine, tramadol, certains traitements de substitution) est encore plus préoccupante, puisqu’elle accroît le risque de dépression respiratoire, de coma et de décès. D’autres médicaments sédatifs entrent aussi en jeu : somnifères, certains antidépresseurs (voir les effets secondaires de la venlafaxine), antihistaminiques, neuroleptiques. Signalez toujours au médecin et au pharmacien tout ce que vous prenez, y compris les produits sans ordonnance.
Grossesse, allaitement et populations à risque
Pendant la grossesse, le Lexomil n’est pas systématiquement interdit, mais il se prescrit avec grande prudence. Une prise prolongée en fin de grossesse peut provoquer chez le nouveau-né une baisse du tonus, des difficultés respiratoires ou un syndrome de sevrage. Si vous êtes enceinte ou si vous envisagez de l’être, ne stoppez pas seule le traitement, mais prenez rendez-vous rapidement pour en discuter.
Le bromazépam passe dans le lait maternel, et l’allaitement est donc déconseillé en cas de prise régulière : le bébé peut devenir somnolent, boire moins bien et prendre moins de poids. Le médecin ou la sage-femme proposera une alternative adaptée.
Les personnes âgées forment le groupe le plus exposé aux complications. Chez elles, les vertiges, la confusion et la faiblesse musculaire augmentent le risque de chutes et de fractures, et les doses doivent être réduites. Chez l’enfant, le médicament n’est quasiment jamais utilisé, et les réactions inhabituelles y sont plus fréquentes.
Quand consulter, et que faire en pratique

Un rendez-vous s’impose si les effets gênent le quotidien, si l’efficacité semble diminuer, si vous ressentez le besoin d’augmenter la dose ou si le traitement dure déjà depuis plus de quelques semaines. Le médecin pourra réévaluer la cause de l’anxiété ou de l’insomnie et proposer d’autres approches, comme la psychothérapie, les techniques de relaxation ou un traitement de fond, sans oublier les moyens naturels pour mieux dormir.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de difficultés respiratoires, de malaise, de somnolence extrême, de gonflement du visage, de convulsions, ou après une prise excessive ou un mélange avec de l’alcool ou des opioïdes. En attendant les secours, ne laissez pas la personne seule.
Au quotidien, quelques réflexes limitent les risques : prendre le comprimé exactement comme prescrit, ne pas le partager, éviter l’alcool, ne pas conduire tant que l’on ignore sa réaction au médicament et conserver la boîte hors de portée des enfants. Relisez aussi la notice, qui détaille chaque effet indésirable, et gardez-la à portée de main pour en discuter avec votre médecin ou votre pharmacien.







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