Forxiga (dapagliflozine) est prescrit dans le diabète de type 2, l’insuffisance cardiaque et la néphropathie chronique. Comme tout médicament, il peut provoquer des effets indésirables. La plupart sont bénins et découlent directement de son mode d’action : le traitement fait éliminer du glucose par les urines. Voici ce que disent la notice et les autorités de santé (ANSM, HAS), classé par fréquence, avec les signes qui doivent vous faire consulter.
Les effets secondaires fréquents de Forxiga
En faisant passer le glucose dans les urines, la dapagliflozine crée un terrain favorable aux champignons et aux bactéries au niveau des voies urinaires et génitales. Elle augmente aussi le volume des urines, d’où une polyurie et, parfois, une soif plus marquée. Ces mécanismes expliquent l’essentiel des effets secondaires rapportés.
| Fréquence | Effets indésirables |
|---|---|
| Très fréquent (plus de 1 patient sur 10) | Hypoglycémie, lorsque Forxiga est associé à de l’insuline ou à une sulfonylurée |
| Fréquent (1 sur 10 à 1 sur 100) | Vulvovaginite, balanite et autres mycoses génitales (candidose), infection urinaire, envie fréquente d’uriner, brûlures en urinant, vertiges, éruption cutanée, douleurs dorsales, hausse des lipides sanguins |
| Occasionnel (1 sur 100 à 1 sur 1 000) | Soif, bouche sèche, constipation, besoin d’uriner la nuit, perte de poids, déshydratation, hypotension, hausse transitoire de la créatinine |
| Rare à très rare | Cétoacidose diabétique, angiœdème, fasciite de Fournier (infection grave du périnée) |
Les infections génitales sont les plus souvent citées. Elles touchent surtout les femmes (démangeaisons, pertes blanches, rougeurs) et, chez l’homme, les personnes non circoncises (inflammation du gland, ou balanite). Elles se soignent en général bien avec un antifongique local, et les antécédents de mycose augmentent le risque de récidive. Les infections urinaires, elles, se manifestent par des brûlures, des envies pressantes et parfois des urines troubles (voir aussi traitement d’une infection urinaire sans ordonnance).
Les effets indésirables graves : les signes qui imposent de consulter
Les complications sérieuses sont rares, mais elles justifient une réaction rapide. Le médecin les a normalement évoquées à la prescription, et la notice les détaille. Voici les situations qui doivent vous alerter :
- nausées, vomissements, douleurs abdominales, fatigue inhabituelle, respiration rapide ou haleine à l’odeur fruitée, qui évoquent une cétoacidose diabétique ;
- douleur, rougeur, gonflement ou sensibilité anormale autour des organes génitaux ou de l’anus, avec fièvre ou malaise général, qui peuvent signaler une fasciite de Fournier ;
- gonflement du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge, avec gêne respiratoire, qui correspondent à une réaction allergique de type angiœdème ;
- fièvre, frissons et douleur au bas du dos, qui évoquent une infection urinaire remontée vers les reins.
Cétoacidose : une glycémie normale ne suffit pas à l’écarter
Sous dapagliflozine, la cétoacidose diabétique peut survenir alors que la glycémie reste peu élevée, ce qui la rend plus difficile à reconnaître. Si les symptômes décrits ci-dessus apparaissent, même avec un résultat de glycémie rassurant, appelez le 15 ou le 112 sans attendre. Signalez toujours que vous prenez Forxiga.
Hypoglycémie et déshydratation : les risques selon le traitement associé

Prise seule, la dapagliflozine provoque peu d’hypoglycémie. Le risque grimpe quand elle s’ajoute à l’insuline ou à une sulfonylurée, car l’effet cumulé sur la glycémie devient plus fort. Sueurs, tremblements, faim soudaine, maux de tête ou confusion doivent faire contrôler la glycémie et prendre du sucre. Votre médecin peut alors réduire la dose d’insuline ou de sulfonylurée plutôt que celle de Forxiga.
L’autre point de vigilance concerne le volume de liquide dans le corps. En augmentant les urines, Forxiga peut favoriser la déshydratation et une baisse de la tension (hypotension), avec vertiges en se levant, bouche sèche, urines foncées ou fatigue. Le risque est plus élevé chez les personnes âgées, celles qui prennent un diurétique ou un traitement antihypertenseur, et en cas de vomissements, de diarrhée, de fièvre ou de forte chaleur.
Les réflexes sont ceux de toute période de canicule : boire régulièrement sans attendre d’avoir soif, éviter l’alcool, manger en quantité suffisante et se rafraîchir. Si vous avez une insuffisance cardiaque et que votre médecin a limité vos apports en liquides, suivez ses consignes sans les modifier de vous-même.
Que faire en cas d’effet secondaire ?
Face à un effet gênant mais sans gravité (mycose, envie fréquente d’uriner, légère soif), parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin. Un traitement local règle souvent le problème sans toucher au médicament. Une toilette quotidienne soignée, un séchage minutieux et des sous-vêtements en coton limitent les récidives.
Ne coupez pas le traitement de votre propre initiative
Un arrêt du traitement décidé seul peut déséquilibrer le diabète ou aggraver une insuffisance cardiaque. En cas de doute, demandez un avis avant de modifier quoi que ce soit.
Lors d’une maladie aiguë avec vomissements, diarrhée ou fièvre élevée, ou avant une opération programmée, le médecin demande parfois de suspendre Forxiga temporairement. La notice indique habituellement d’arrêter au moins trois jours avant une chirurgie, mais suivez la consigne de votre équipe soignante. Tout effet indésirable, y compris bénin, peut aussi être déclaré par le patient sur le portail officiel de signalement, ce qui aide les autorités à surveiller le médicament.
Précautions et populations à risque

Forxiga se prend en général à raison d’un comprimé de 10 mg par jour, la dose étant fixée par le médecin selon l’indication et la fonction rénale. Une surveillance rénale régulière est prévue, car une légère baisse de la fonction rénale peut apparaître en début de traitement. Les antécédents de cétoacidose, les infections génitales ou urinaires à répétition, un régime très pauvre en glucides et une consommation excessive d’alcool font partie des situations à signaler avant la prescription.
Pendant la grossesse, le traitement n’est pas recommandé aux deuxième et troisième trimestres, et il est préférable d’en discuter dès le projet de grossesse. L’allaitement est déconseillé, faute de données sur le passage du produit dans le lait. Enfin, informez toujours votre médecin ou votre pharmacien de tous vos médicaments : diurétiques, insuline et sulfonylurées sont les associations qui modifient le plus le profil d’effets indésirables. La notice et la fiche officielle de l’ANSM restent les références les plus fiables pour vérifier ces informations.






