Une douleur qui apparaît à chaque flexion ou extension du genou, en montant un escalier, en se relevant d’une chaise ou en s’accroupissant, finit par gêner tout le quotidien. Dans la grande majorité des cas, elle vient de la rotule, du ménisque, d’un tendon irrité ou d’une usure débutante du cartilage, et elle s’améliore avec des mesures adaptées. Voici comment repérer l’origine du problème, savoir quand s’inquiéter et soulager le genou.
Repérer la cause selon la localisation de la douleur
Là où ça fait mal oriente déjà beaucoup le diagnostic. Le tableau ci-dessous donne une première piste, à confirmer par un professionnel si la douleur dure.
| Où se situe la douleur ? | Quand se déclenche-t-elle ? | Cause probable |
|---|---|---|
| Devant le genou, autour de la rotule | Escaliers, position assise prolongée, squat | Syndrome fémoro-patellaire, chondropathie |
| Côté interne ou externe de l’articulation | Torsion, accroupissement, blocage ponctuel | Lésion du ménisque |
| Sous la rotule ou juste au-dessus | Sauts, course, extension contre résistance | Tendinite du tendon rotulien ou quadricipital |
| Diffuse, avec raideur au réveil | Démarrage après le repos, fin de journée | Arthrose débutante (gonarthrose) |
| Derrière le genou | Flexion complète, sensation de tension | Épanchement, kyste, atteinte méniscale postérieure |
Pourquoi ai-je mal au genou quand je le plie et déplie ?
Syndrome fémoro-patellaire (douleur de rotule)
C’est la première cause chez les sportifs comme chez les sédentaires. La rotule glisse mal dans sa gouttière à chaque flexion et à chaque extension, ce qui irrite le cartilage et les tissus autour. On ressent une douleur à l’avant du genou, souvent accompagnée d’un petit accrochage ou de craquements, surtout dans les escaliers ou après un long moment assis. Un déséquilibre musculaire (quadriceps faible, hanche peu stable) en est le plus souvent à l’origine.
Lésion ou irritation du ménisque
Les ménisques sont deux coussinets de cartilage qui amortissent l’articulation. Une torsion, un mouvement d’accroupissement ou simplement l’usure peuvent les fissurer. La douleur se situe sur le bord interne ou externe du genou, avec parfois un gonflement, une sensation de blocage ou un genou qui se dérobe. Plus la lésion est ancienne, plus la gêne en flexion profonde est nette.
Tendinopathie du genou
Une tendinite touche le tendon rotulien (sous la rotule) ou le tendon du quadriceps (au-dessus). Elle naît d’une inflammation liée à des sollicitations répétées : course, sauts, escaliers, reprise sportive trop brutale. La douleur est précise, reproductible à la palpation, et elle s’échauffe parfois en début d’effort avant de revenir après.
Arthrose débutante
Avec l’âge, ou après une ancienne blessure, le cartilage s’amincit et l’articulation devient plus raide. Cette gonarthrose se manifeste par une douleur mécanique qui augmente à l’effort, une raideur de quelques minutes au lever et parfois des poussées de synovite, avec un genou chaud et un peu gonflé. Elle touche surtout après 50 ans, mais certaines chondropathies précoces s’observent bien plus tôt. Un ligament fragilisé ou une atteinte des ligaments croisés ou latéraux peut aussi donner une douleur à la flexion, notamment après une entorse mal rééduquée.
Repos total ou effort forcé : deux erreurs opposées
Rester immobile des semaines affaiblit le quadriceps et aggrave la plupart des douleurs de rotule. À l’inverse, serrer les dents pendant les séances de sport entretient l’inflammation. Le bon réglage consiste à réduire les gestes qui déclenchent la douleur tout en gardant une activité douce.
Quand faut-il consulter un médecin ?

Une douleur modérée, apparue progressivement et qui s’apaise au repos peut être surveillée une à deux semaines. Au-delà, ou si elle gêne la marche, un avis médical s’impose. Certains signes demandent de consulter sans attendre : un vrai blocage du genou qui empêche de le tendre ou de le plier, un hématome au genou après une chute avec gonflement immédiat, l’impossibilité de poser le pied par terre, une douleur nocturne intense.
Un genou chaud, rouge et gonflé accompagné de fièvre doit être examiné en urgence, car il peut signaler une infection de l’articulation. Il en va de même pour un mollet douloureux, chaud et gonflé, qui peut évoquer une phlébite.
Comment soulager la douleur au genou ?
Dans les premiers jours, le protocole RICE aide à calmer une poussée : repos relatif (on évite les gestes qui font mal, sans s’immobiliser), glace 15 à 20 minutes enveloppée dans un linge, compression légère avec une bande, et élévation de la jambe. Un anti-inflammatoire en gel ou, sur avis du pharmacien ou du médecin, un comprimé de courte durée peut aider, mais il masque la douleur sans traiter la cause.
Le traitement de fond repose sur le renforcement musculaire, qui stabilise la rotule et soulage le cartilage. Une séance de kinésithérapie permet d’adapter les exercices au diagnostic et de corriger les gestes. À la maison, quatre exercices suffisent pour commencer, à faire un jour sur deux, en restant sous le seuil de douleur.
- Contraction du quadriceps : assis jambe tendue, une serviette roulée sous le genou, appuyez le genou dessus en contractant la cuisse. Tenez 5 secondes, 15 répétitions.
- Élévation de jambe tendue : allongé sur le dos, une jambe fléchie, levez l’autre jambe tendue à hauteur du genou opposé. Descendez lentement, 3 séries de 10.
- Squat au mur : dos contre le mur, pieds à largeur d’épaules, descendez de 30 à 45 degrés seulement. Tenez 20 secondes, 3 à 5 fois.
- Pont fessier : allongé sur le dos, genoux fléchis, soulevez le bassin en serrant les fessiers. Gardez 3 secondes en haut, 3 séries de 12.
Un étirement doux des ischio-jambiers et du quadriceps, 30 secondes par muscle après l’effort, complète le programme. Il assouplit les tendons et réduit les tensions sur l’articulation. Pour une tendinite, on privilégie des exercices lents, sans à-coups, en augmentant la charge progressivement. Perdre quelques kilos en cas de surpoids et choisir des chaussures amortissantes diminue aussi la pression sur le genou à chaque pas.
Examens médicaux : radio, IRM ou échographie ?

Le médecin commence toujours par un interrogatoire et un examen clinique : mobilité, tests du ménisque et des ligaments, recherche d’un épanchement. L’imagerie n’est pas systématique, elle sert à confirmer un doute ou à préparer une décision de traitement.
La radiographie visualise l’os et le pincement de l’articulation, ce qui en fait l’examen de référence pour l’arthrose et pour vérifier la position de la rotule. L’IRM montre en détail le ménisque, les ligaments et le cartilage, et elle est demandée en cas de blocage, d’instabilité ou de douleur persistante. L’échographie, rapide et peu coûteuse, explore bien les tendons, une synovite ou un épanchement.
Selon le résultat, la prise en charge reste le plus souvent non chirurgicale : rééducation, adaptation de l’activité, parfois une infiltration de corticoïdes ou d’acide hyaluronique pour calmer une poussée d’arthrose. Un orthopédiste intervient si une lésion méniscale ou ligamentaire ne répond pas au traitement médical, ou si l’articulation reste bloquée. Dans l’immense majorité des cas, un genou douloureux à la flexion retrouve un fonctionnement confortable avec quelques semaines de patience et d’exercices réguliers.






